Sous terre








Chaque descente marquent une pause, une séparation avec la vie de surface. Les amis rencontrés sous terre, qu’on ne voit que sous terre, ont cette particularité de briser les frontières sociales. En bottes, le cul terreux : le pdg et le chômeur partagent leurs victuailles. L'âge n’a que peu d'importance, le septuagénaire et l’adolescent se croisent, se côtoient, se lient d'amitié. Les gens s'intéressent plus au nombre d’années de descente. Ces lieux silencieux accueillent ce fourmillement de passionnés attirés inlassablement dans les carrières. Ces cette attirance qui m’intrigue et que j’essaie de contempler au travers de mes images.
Amené par un ami passionné dans les souterrains de Paris il y a maintenant 2 ans, je n’ai eu de cesse de retourner dans les galeries de servitude situées au niveau des anciennes carrières de Paris, appelées par abus de langage catacombes.
Ma première démarche était de garder une trace des lieux que je visitais. Car au fil du temps, j'ai pu constater que ces lieux sont très fragiles. En effet, tandis que certains ouvrent, déblayent, découvrent et restaurent de nouveaux espaces, d'autres dégradent, laissent leurs déchets, taguent par-dessus des inscriptions du 13ème siècle et certains lieux se ferment par des murages ou sont comblés de béton et de sable, afin de consolider le sol de constructions futures.